Qu’est-ce que le professionnalisme médical?

Le professionnalisme trouve son application dans la relation entre la médecine et la société, car elle forme la pierre angulaire de la confiance entre le patient et son médecin. Il tente de concrétiser certaines attitudes et qualités ainsi que certains comportements souhaitables dans la profession médicale. Même si le professionnalisme a été incorporé dans la plupart des facultés de médecine de l’Amérique du Nord, il demeure néanmoins difficile à définir parce qu’il véhicule beaucoup de connotations et de significations implicites. En revanche, ce qui est certain, c’est que la médecine est un secteur d’activités morales qui exige de l’intégrité, de la compétence et des normes morales élevées entre autres qualités importantes requises.  

En ce qui a trait à l’Université d’Ottawa, en tant que doyen de la Faculté de médecine au cours des années 1990, le Dr John Seely a établi les normes professionnelles de notre Faculté, de nos étudiants et de notre personnel à l’égard des soins aux patients, de la recherche et de l’éducation. Ces normes font maintenant partie du calendrier de la Faculté (voir la rubrique Professionnalisme à l’Université d’Ottawa).

Le professionnalisme ne tente pas de dicter chaque petit détail du rapport fiduciaire qui existe entre un patient et son médecin, mais trace plutôt les grandes lignes d’un idéal auquel les étudiants en médecine, les résidents et les médecins peuvent aspirer tout au long de leur carrière médicale.  

Les Drs Richard et Sylvia Cruess de l’Université McGill font figure de proue dans le domaine du professionnalisme médical. En effet, ils décrivent le rôle du médecin comme chevauchant celui du guérisseur et celui du professionnel. Dans le cadre de ce modèle, des deux rôles s’imposent pour apprécier les qualités essentielles du médecin. De plus, même si le rôle primaire du médecin demeure indubitablement celui du guérisseur, ce dernier doit néanmoins faire preuve de professionnalisme dans sa pratique médicale. Le diagramme ci-dessous illustre cet équilibre essentiel.  

what is professionalism

http://www.afmc.ca/pages/professionalism/1CruessSlides.ppt consultation en juillet 2007.

Les Cruess décrivent également le rapport entre la médecine et la société comme un  contrat social accompagné d’attentes et d’obligations pour les deux parties. La confiance est le fil de trame de ce contrat social : le patient doit faire confiance à son médecin et ce dernier doit faire confiance au système (2). De plus, les attentes de chaque patient envers son médecin reflètent généralement celles de la société envers la médecine. Ainsi, l’altruisme, la moralité et la redevabilité ne constituent que quelques-unes des nombreuses qualités recherchées chez un médecin. Pour maximiser les chances de réussite d’un contrat de ce genre, les deux parties doivent s’acquitter de leurs obligations respectives. Le contrat social conclu entre la médecine et la société est donc fondé sur la réciprocité. Le tableau suivant en présente les détails (3) : 



Attentes de la société envers la médecine

Attentes de la médecine envers la société

  1. Services d’un guérisseur
  2. Garantie de compétence
  3. Service altruiste
  4. Moralité et intégrité
  5. Redevabilité
  6. Transparence
  7. Source de conseils objectifs
  8. Promotion du bien public
  1. Confiance
  2. Autonomie
  3. Autoréglementation
  4. Système de soins de santé
    1. À la recherche de l’excellence
    2. Financement adéquat
  5. Participation aux politiques publiques
  6. Répartition de la responsabilité en matière de santé (patients et société)
  7. Monopole
  8. Statut et récompenses
    1. Non-financières
      1. Respect
      2. Statut
    2. Financières

En 2005, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC) a publié une deuxième version du CanMEDS, Le cadre de compétences CanMEDS 2005 pour les médecins (6). Ce cadre de compétences définit un professionnel de la façon suivante :  

« Comme professionnels, les médecins sont voués à la santé et au mieux-être de la personne et de la société, à la pratique respectueuse de l’éthique, à l’autoréglementation de la profession et aux critères rigoureux de comportement personnels. »

Pour consulter Le cadre de compétences CanMEDS 2005 pour les médecins publié par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC), cliquez sur http://www.royalcollege.ca/portal/page/portal/rc/common/documents/canmeds/framework/the_7_canmeds_roles_f.pdf

En quoi l’éthique du professionnalisme diffère-t-il de l’éthique clinique ou de la bioéthique?

Le terme « éthique » fait simplement allusion à un système de normes morales ou de principes moraux qui régissent le comportement (9). La différence entre l’éthique clinique, la bioéthique ou toute autre forme d’éthique réside dans le sujet sur lequel porte les principes de déontologie.

La bioéthique est essentiellement un terme général qui désigne le sens moral dans le vaste domaine des sciences de la vie et de la médecine (12). Tel que décrit par l’Organisation mondiale de la santé, la bioéthique traite des questions liées à la gestion de la santé et aux soins de santé, au bien-être des animaux ainsi qu’aux problèmes écologiques. Elle englobe également les domaines tels que la philosophie de la science, la  biotechnologie, la politique, le droit, la médecine et la théologie.   

L’éthique clinique aborde le processus décisionnel éthique axé sur le patient. Un sous-ensemble de la bioéthique, l’éthique clinique et l’éthique médicale sont souvent utilisés de façon interchangeable. Ce domaine de l’éthique étudie différents jugements, tels qu’ils s’appliquent à la pratique clinique de la médecine. L’éthique clinique est donc un système de principes régissant la conduite professionnelle à l’égard des patients et de leur famille.  

L’éthique professionnelle médicale se préoccupe davantage des caractéristiques et des comportements des médecins dans l’ensemble de la profession médicale. En fait, elle se penche plus précisément sur les caractéristiques souhaitables ou non chez les médecins (4). Ainsi, parmi les caractéristiques souhaitables on retrouve l’altruisme, la redevabilité, l’excellence, le devoir, l’honneur, l’intégrité, le respect d’autrui et l’engagement à un apprentissage qui dure toute une carrière (1,4). Par ailleurs, parmi les caractéristiques non souhaitables, on retrouve l’abus de pouvoir, les préjugés, le harcèlement sexuel, la divulgation de renseignements confidentiels, l’arrogance, l’âpreté au gain, la fausse représentation, la pratique avec facultés affaiblies, le manque de conscience et le conflit d’intérêt (1,4). L’éthique professionnelle ne fait pas que motiver l’interaction entre le patient et son médecin; elle définit le comportement prévu avec d’autres médecins, travailleurs œuvrant dans le domaine de la santé, étudiants en médecine et précepteurs.

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Dernières modifications : 2012.09.06